25-27 juillet 1885 : L’expansion coloniale – Races supérieures et races inférieures

Extrait du débat entre Jules Ferry et Georges Clémenceau lors des séances des 25, 27, 28 et 30 juillet 1885 au Palais Bourbon : faut-il développer la politique coloniale française en votant de nouveaux crédits ?

Ferry :

Messieurs, il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures (Rumeurs sur plusieurs bancs à l’extrême gauche) (…)

Il y a pour les races supérieures un droit parce qu’il y a devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures (Marques d’approbation sur les mêmes bancs à gauche. Nouvelles interruptions à l’extrême gauche et à droite)

Est-ce qu’on peut nier qu’il y a plus de justice, plus d’ordre matériel et plus d’équité, plus de vertus sociales dans l’Afrique du Nord depuis que la France a fait ses conquêtes ? Est-il possible de nier que dans l’Inde, il y a aujourd’hui infiniment plus de justice, d’ordre, de vertus publiques et privées depuis la conquête anglaise qu’auparavant ?


Clemenceau :

C’est très douteux

Ferry :

Messieurs, dans l’Europe telle qu’elle est faite, dans cette concurrence de tant de rivaux que nous voyons grandir autour de nous, rayonner sans agir, sans se mêler aux affaires du monde en regardant comme un piège toute expansion vers l’Afrique ou vers l’Orient, vivre de cette sorte, pour une grande nation, croyez-le bien c’est descendre du premier rang au troisième ou au quatrième. (Interruption à l’extrême gauche.Très bien, très bien au centre).

Il faut que notre pays se mette en mesure de faire ce que font tous les autres, et puisque la politique d’expansion coloniale est le mobile général qui emporte à l’heure qu’il est toutes les puissances européennes, il faut qu’il en prenne son parti (…)

Aujourd’hui, la question est très bien posée : le rejet des crédits qui vous sont soumis, c’est la politique d’abdication proclamée et décidée (Non, non)


Clemenceau :

(…) On essaie maintenant d’accommoder les faits à une doctrine inventée pour les besoins de la cause. Races supérieures, races inférieures, c’est bientôt dit !

Pour ma part, j’en rabats singulièrement depuis que j’ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand. Depuis ce temps, je l’avoue, j’y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation inférieurs.

Race inférieure, les Hindous ! Avec cette grande civilisation raffinée qui se perd dans la nuit des temps ! Avec cette grande religion bouddhiste, avec cette grande efflorescence d’art dont nous voyons aujourd’hui les magnifiques vestiges.

Race inférieure, les Chinois, avec cette civilisation dont les origines sont inconnues ! Inférieur, Confucius ? Je ne veux pas juger au fond la thèse qui a été apportée ici et qui n’est pas autre chose que la proclamation de la primauté de la force sur le droit (…)

Vous nous dites : « Voyez, lorsque les Européens se sont trouvés en contact avec des nations que vous appelez barbares – et que je trouve très civilisées -, n’y a-t-il pas eu un plus grand développement de moralité, de vertu sociale ? » En êtes-vous bien sûr ? Regardez l’histoire de la conquête de ces peuples que vous dites barbares, et vous y verrez la violence, tous les crimes déchaînés, l’oppression, le sang coulant à flots, et le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur. Voilà l’histoire de notre civilisation (…)

C’est la première fois qu’un homme qui a été la tête d’un gouvernement vient rétrospectivement faire la théorie de sa politique et dire : « Ma politique, c’est la théorie, non pas du rayonnement pacifique, mais du rayonnement par la guerre.

Ma politique, c’est une succession d’expéditions guerrières aux quatre coins du monde. Ma politique, c’est la guerre !

Ferry :

– Vous poussez ma théorie aux derniers excès, M. Clemenceau, et vous en faites une caricature (Bruit à droite)

Clemenceau :

Quand un homme d’État (…) ne trouve rien à conseiller à une nation, sinon de partir en guerre aux quatre coins du monde ; s’il ne comprend pas que la première condition du progrès qu’il veut servir, c’est la paix, s’il formule une doctrine de guerre, c’est peut-être un grand homme dans le sens vulgaire du mot, ce n’est pas un démocrate. »

Finalement, le 30 juillet 1885, les crédits extraordinaires pour Madagascar sont adoptés à une large majorité.

Extrait de Hérodote.net:
https://www.herodote.net/Du_sort_de_Louis_XVI_aux_races_inferieures_-synthese-3512.php le 26/01/2025

Commentaire TPLB :

Cet extrait de débat illustre une théorie dont la démonstration est très facile :

_ Toutes les guerres coloniales de la « République » ont été initiées par des gouvernements de « gauche ».

Le coût en vies humaines des opérations militaires, le coût des infrastructures construites dans les pays occupés (routes, ponts, chemins de fer, écoles, hôpitaux, …), le coût des administrations locales n’ont jamais été compensés.
Ils ont surtout servi à engraisser les gros colons qui exploitaient les mines et les terres agricoles à l’aide d’une main d’œuvre bon marché.

Dès 1789, la gauche n’apparait que sous la forme d’idéologues hypocrites. Leurs grandes idées sont apparemment bienfaitrices. En réalité ils n’ont fait que satisfaire l’appétit de leur gros commanditaires fortunés.

Depuis 1789 la gauche c’est l’impasse, le mensonge et finalement la mort.

Avatar de Inconnu

About tout pour les belettes

Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. (Jn 16, 22)
Cet article, publié dans Dates, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.