« Pose-moi comme un sceau sur ton cœur, car l’amour est fort comme la mort » (Ct 8,6).
« L’amour est fort comme la mort » car l’amour du Christ est la mort de la mort. De même, l’amour dont nous aimons le Christ est fort comme la mort lui aussi puisqu’il constitue à sa manière une mort: une mort où prend fin la vie ancienne, où les vices sont abolis et les œuvres mortes abandonnées.
De fait, l’amour que nous avons pour le Christ – même s’il est loin d’égaler celui du Christ pour nous – est à l’image et à la ressemblance du sien. Le Christ en effet « nous a aimés le premier » (1Jn 4,19), et par l’exemple d’amour qu’il nous a proposé, il s’est fait pour nous un sceau afin que nous devenions conformes à son image.
C’est pourquoi il nous dit: « Pose-moi comme un sceau sur ton cœur », comme s’il disait: « Aime-moi à la manière dont je t’aime. Garde-moi dans ton esprit, dans ta mémoire, dans ton désir, ton soupir, ton gémissement, tes sanglots.
Souviens-toi, homme, avec quelle qualité je t’ai créé : de combien je t’ai préféré aux autres créatures, de quelle dignité je t’ai ennobli, de quelle gloire et de quel honneur je t’ai couronné et comment je t’ai fait de peu inférieur aux anges, comment j’ai tout placé sous tes pieds (Ps 8,6-7).
Baudouin de Ford (?-v. 1190)
Homélie 10, sur Ct 8, 6; PL 204, 513s (trad. bréviaire)
[Extrait de Parole & Prière n° 56 – Pour méditer l’Évangile – Mercredi de la 5ème semaine du Temps Ordinaire (Mc 7, 14-23)_Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui rentre en lui ne peut le rendre impur.]