2 janvier 1812 : Une médaille en sucre pour Delessert

Le 2 janvier 1812, Napoléon Ier rend visite à Benjamin Delessert.
Dans sa fabrique de Passy, près de Paris, cet homme d’affaires de 39 ans, avisé mais aussi philanthrope, s’est lancé dans la production de sucre à partir de betteraves, sur la base d’un procédé révolutionnaire.
Devant les ouvriers et son ministre de l’Intérieur Montalivet, l’empereur, séduit, épingle sur le champ sa propre croix de la Légion d’honneur sur la poitrine de l’entrepreneur !

Benjamin Delessert recevra plus tard le titre de baron d’Empire. C’est que son procédé a un intérêt stratégique.

Quand Napoléon éprouve la nécessité de remplacer le sucre de canne des Antilles, les scientifiques français lui déconseillent le sucre de betterave.
Mais l’empereur n’en offre pas moins cent mille arpents de terre à qui voudra cultiver la betterave. 32 000 hectares sont ensemencés dès 1811 !
Il subventionne par ailleurs les recherches des industriels à hauteur d’un million de francs. Il veut aller vite : un décret du 25 mars 1811 interdit purement et simplement le sucre de canne à partir du 11 janvier 1813.

Son obstination est récompensée quand Benjamin Delessert réussit à industrialiser le procédé de Marggraf avec le concours d’un pharmacien de l’Académie des Sciences, Nicolas Deyeux.

Tirant parti de cette réussite, Napoléon Ier délivre 500 licences pour la fabrication du sucre de betterave. Un décret du 15 janvier 1812 décide de la création de cinq fabriques impériales de sucre et du triplement de la surface des terres semées en betteraves.

En 1814, la production de ce substitut au sucre de canne n’est encore que de 4 000 tonnes.
Soutenus par une intense recherche agronomique, les betteraviers finissent par l’emporter et leur sucre ne tarde pas à concurrencer avec succès la canne à sucre.
En moins d’un siècle, le prix courant du sucre sera divisé par… 200 (de 15 francs à 7 centimes le kilo).

(Extrait de https://www.herodote.net/2_janvier_1812-evenement-18120102.php)

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