Le confort ne vaut rien au chrétien.

Pour parler du combat spirituel, il faut raconter la martre.

La martre est un petit mammifère aussi précieux que rare, sorte de vison de Sibérie; vif, gracieux, mais guère apprivoisable, à la fourrure brun rouge recherchée. Sa queue épaisse sert en effet à confectionner » les pinceaux d’artistes de qualité supérieure, dits en « martre Kolinsky », Pour obtenir des poils souples et résistants, rien ne vaut cet animal vivant dans les grands froids.

Ainsi en va-t-il du combat spirituel. Le confort ne vaut rien au chrétien. De temps en temps, sans d’ailleurs la rechercher, l’épreuve souffle sur la steppe de sa vie. Mais la tempête de neige, qui l’affole un instant, renforce la fourrure de l’âme. Le combat rend meilleur, il apprend à résister au péché, au laisser-aller, au repli sur soi.

 En chasse, la martre se dresse sur ses pattes de derrière pour voir plus loin. Le chrétien, de même, contemple son Seigneur, pour donner de la profondeur à son action, souvent trop terre-à-terre, si prenante qu’elle oublie l’essentiel.

Le voilà devenu un pinceau de choix pour le peintre divin.

Extrait de Parole & Prière n°47 mai 2014 – Editorial de fr. Th.-D. Humbrecht.

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