Il faut beaucoup d’humiliations pour faire un peu d’humilité, nous dit-on. C’est faux. Ce genre de principe spirituel, qui se croit principe et s’autoproclame spirituel, appelle une critique.
L’humiliation est un acte vexatoire. Elle abaisse une personne en sa présence, de préférence devant un public. Le pire advient quand la vexation se revêt d’un motif pédagogique. La victime, entre jugement infériorisant et prétexte édifiant, est coincée.
Il serait intéressant d’analyser les motivations réelles des juges qui s’adonnent à ce jeu-là. Sous le vernis spirituel pointe le manque de tact des personnes bien élevées. Un cas des plus quotidiens, qui nous guette par inadvertance, est de comparer les mérites, avec effet de hiérarchisation. La personne louée oubliera sur l’heure, l’humiliée s’en souviendra longtemps.
L’humilité est une vertu, pas une discipline de caserne. Elle s’acquiert par la vérité de sa condition devant son Seigneur. Si la méchanceté des uns sanctifie les autres, c’est par accident. Seule la charité édifie, pas la cruauté inconsciente mais systématique.
Fr. Th.-D. Humbrecht – Parole et Prière – Éditorial Juillet 2014.