Méditons avec le bienheureux Frédéric Ozanam
La question qui divise les hommes de nos jours n’est plus une question de forme politique, c’est une question sociale, c’est de savoir qui l’emportera de l’esprit d’égoïsme ou de l’esprit de sacrifice; si la société ne sera qu’une grande exploitation au profit des plus forts ou une consécration de chacun pour le bien de tous et surtout pour la protection des faibles. Il y a beaucoup d’hommes qui ont trop et qui veulent avoir encore; il y a beaucoup plus d’autres qui n’ont pas assez, qui n’ont rien et qui veulent prendre si on ne leur donne pas. Entre ces deux classes d’hommes, une lutte se prépare, et cette lutte menace d’être terrible: d’un côté la puissance de l’or, de l’autre la puissance du désespoir.
A M. Louis Janmot, lettre du 13 novembre 1836.
Pour aller plus loin
Quelle que soit la question qui divise les hommes, c’est toujours « de savoir qui l’emportera de l’esprit d’égoïsme ou de l’esprit de sacrifice », la recherche de biens propres ou celle du bien commun. Plus on s’éloigne de la foi chrétienne plus la notion d’individu remplace celle de personne. Pour l’individu, il faut sauver son intégrité, son épanouissement, sauvegarder le milieu proche tant qu’il apporte les biens qu’il en attend. Dès lors, tant de familles brisées! Jésus nous révèle que « l’homme ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même» (Gaudium et Spes, 24).
Extrait de Parole et Prière du Vendredi 15 juillet.