Car, de même qu’aux siècles passés les légions Romaines s’en allaient sur les routes consulaires pour tenter d’assujettir toutes les nations à l’empire de la Ville Éternelle, ainsi des cohortes innombrables de moines, dont les armes ne « sont pas celles de la chair, mais la puissance même de Dieu » (2 Cor 10, 4), sont alors envoyées par le Souverain Pontife pour propager efficacement le règne pacifique de Jésus-Christ jusqu’aux extrémités de la terre, non par l’épée, non par la force, non par le meurtre, mais par la Croix et par la charrue, par la vérité et par l’amour.
Partout où posaient le pied ces troupes sans armes, formées de prédicateurs de la doctrine chrétienne, d’artisans, d’agriculteurs et de maîtres dans les sciences humaines et divines, les terres boisées et incultes étaient ouvertes par le fer de la charrue ; les arts et les sciences y élevaient leurs demeures ; les habitants sortis de leur vie grossière et sauvage, étaient formés aux relations sociales et à la culture, et devant eux brillait en un vivant exemple la lumière de l’Évangile et de la vertu.
Des apôtres sans nombre, qu’enflammait la céleste charité, parcoururent les régions encore inconnues et agitées de l’Europe ; ils arrosèrent celles-ci de leurs sueurs et de leur sang généreux, et, après les avoir pacifiées, ils leur portèrent la lumière de la vérité catholique et de la sainteté.
Extrait de l’Encyclique Fulgens radiatur, 21/3/1947. Cité dans Parole et Prière du 11 juillet 2016 (Saint Benoît).