Se retournant, le Seigneur fixe son regard sur Pierre. Et Pierre, prenant conscience de ce qu’il vient de dire, se repent et pleure…; il fond en larmes et reste muet … (Lc 22,61-62)
Oui, les larmes sont des prières muettes; elles méritent le pardon sans le réclamer; sans plaider leur cause elles obtiennent miséricorde…
Les mots peuvent ne pas réussir à exprimer une prière, jamais les larmes; les larmes expriment toujours ce que nous ressentons, alors que les paroles peuvent être impuissantes. Voilà pourquoi Pierre ne recourt plus à des paroles: les paroles l’avaient poussé à trahir, à pécher, à renier sa foi. Il préfère avouer son péché par des larmes, ayant renié en parlant.
Imitons-le dans ce qu’il dit par ailleurs, quand le Seigneur lui demande trois fois: « Simon, m’aimes-tu? » (Jn 21,17) Trois fois, il répond: « Seigneur, tu sais que je t’aime. » Le Seigneur lui dit alors: « Pais mes brebis », et cela par trois fois. Cette parole compense son égarement précédent; celui qui avait renié le Seigneur trois fois le confesse trois fois; trois fois il s’était rendu coupable, trois. fois il obtient la grâce par son amour.
Voyez donc quel bénéfice Pierre a tiré de ses larmes !
Saint Maxime de Turin (?-v.420) CC Sermon 76, 317; PL 57, 353 (trad. coll. Pères dans la foi, Migne 1996, p. 117). Extrait de Parole et Prière n°46 – avril 2014.